IAI DO ou IAI BATTO HO ou la voie du sabre

Dans notre école l'étude de la voie du sabre fait partie intégrante de l'enseignement de T.K. Chiba senseï, Maître d'aïkido, elle est conçue comme une pratique complémentaire à l'aïkido.

Les cours ont lieu le mercredi de 19h30-20h30 en alternance avec de l'aïkiken et le vendredi matin de 7h-8h avec l'assise silencieuse et le vendredi de 17h30-18h30.

 

Le terme IAI DO ou BATTO-HO et les trois idéogrammes du terme Iaï do

Dans cet enseignement, nous utilisons  le terme de Iaï batto ho plus ancien qui se traduit littéralement selon les sources par dégainer ou par couper. Dans la technique du sabre dégainer et couper se fondent dans un même acte, il s'agit de dégainer en coupant dans un même geste.

Le terme Iaï do n'est utilisé que depuis 1930. Les kanjis ou idéogrammes qui le désignent font référence à l'être (I), à la capacité de s'accorder (AÏ) et à la voie (DO). Au-delà de l'accord avec le sabre, il s'agit de réaliser son propre être en cohérence avec toute chose.

En complément de l'aïkido, cette étude clarifie la notion de coupe, de positionnement, développe la coordination avec l'ajout de l'instrument. D'autre part, le rapport avec l'arme affine la notion de martialité. C'est donc un enseignement complet avec un protocole qui lui est spécifique.

 

L'équipement :

  • L'équipement de base comprend : un keikogi (tenue en coton blanche ou bleue) ; des tongues ou zoori.
  • Le port du hakama est indispensable pour la pratique. Les premières fois où vous vous habillerez demander conseil.
  • Iaï to (ou copie du sabre réel). Pour débuter, il convient de choisir un sabre d'un rapport qualité/prix correspondant au niveau dans lequel on se situe, pour cela consulter l'enseignant. Ces sabres sont fabriqués au Japon, ils sont la copie conforme d'un vrai katana mais avec une lame non tranchante en alliage aluminum et zinc.
  • sabre en bois un bokken; fukuro shinaï (bambou recouvert de cuir permettant de ne pas blesser). Le bokken doit être en chêne blanc, si possible non vernis.
  • Après quelques années de pratique on peut envisager l'achat d'une lame vive ou katana. Pour cela on fera appel à un spécialiste. La fabrication des sabres japonais représente tout un art. Il existe une façon d'entretenir son sabre et de réparer la saya.

Au fur et à mesure de la pratique le vocabulaire spécifique au maniement du sabre se met en place. Quelques termes pour commencer.

 

Les trois parties complémentaires de la pratique :

  • Ll'étude des scénarios de combats ou katas avec un sabre seul face à soi-même : tandoku renshu
  • La pratique du scénario complet avec des partenaires avec un sabre en bois (bokken) ou  un fukuroshinaï (bambou recouvert de cuir qui ne blesse pas) appelée selon les écoles : ken jutsu, kumidachi, sotaï renshu;
  • La coupe avec une lame vive (à l'origine servant à tester le sabre et non notre capacité à couper) : tameshigiri.

 

La composition des katas (formes codifiées) : quatre principales phases

  • Nukitsuke : couper en dégainant
  • Kiritsuke : coupe décisive
  • Chiburi : action d'enlever le sang de la lame. Action plus symbolique que pratique. Selon les écoles le chiburi est différent.
  • Noto : remettre le sabre au fourreau.


A noter l'importance de la sous-phase : Furikamuri qui consiste à armer le sabre.

 

Le tableau complet des écoles pratiquées

Extrait de « Histoire très résumée du sabre japonais » Daniel Brunner shihan

 

MUSO SHINDEN RYU
OMORI RYU HASEGAWA
EISHIN RYU
OKU IAI
SHODEN
1er niveau
CHUDEN
2e niveau
OKUDEN
3e niveau
SUWARI WAZA
seiza
SUWARI WAAZA
tatehiza
TACHI WAZA SUWARI WAZA
tatehiza
shohatto yokogumo yuki zure kasumi
sato torra issoku zure dachi sune gakoi
uto inazuma somakuri tozume
atarito ukigumo sodome towaki
inyo shintai yama oroshi shinobu shihogiri
ryuto iwa nami yukichigaî tana shita
junto nami gaeshi sode suri gaeshi ryozume
seichuto uroko gaeshi mon iri ( yu ) torra bashhiri
gyakuto taki otoshi kabezoe  
koranto nukiuchi
en seiza
uke nagashi  
gyakute inyo
shintai
  ito magoî
3 formes en
seiza
 
batto      

 

SHINDO MUNEN RYU
TACHIWAZA
1
iwanami
2
ukifune
gaeshi
3
noarashi
gaeshi
4
utsu semi
5
matsukaze
6
zangetsu
hidari
7
zangetsu
migi
8
doto gaeshi
9
raïto gaeshi
10
yoto
11
into
12
inazuma
gaeshi

 

Nous vous recommandons la lecture du livret « Histoire très résumée du sabre japonais » de Daniel Brunner shihan dont nous nous sommes largement inspirés pour présenter cette discipline.

 

Extraits de l'essai « L’Aïkido et ses deux roues, le Iai Batto Ho et zazen »

De Anne Ducouret, juillet 2006.

 

L'unité dirigée de l'instrument et du corps, le concept de ki ken taï

Le partenaire s’efface au profit de l’instrument, cela favorise l'étude de sa propre coordination. Le Iaï to avec son tranchant condense de l'espace, le sépare. L’arme prolonge les positionnements et les mouvements du corps, cela clarifie les axes et les directions. Ainsi il devient possible de travailler sur les points d'appui; d’associer la mobilité des membres inférieurs à excécution technique menée par les membres supérieur; de coordonner le maniement différent des mains droite et gauche; d’ouvrir l'avant aux perceptions et de mettre la musculature postérieure au service de l'action. Ainsi ce travail du Iaïto participe de façon essentielle à la structuration du corps, à l'épure du mouvement, à la synchronisation de la respiration avec les phases des enchaînements. Ce qui favorise l’extension de soi vers l’extérieur, améliore l’écoulement du ki.

 

La synchronisation de qualités corporelles et "mentales", la notion de zanshin.

A partir de cette coordination corporelle, une efficience se met en place en gagnant en efficacité là où l'on renonce à vouloir énergiquement. Ce lâcher prise laisse la place au développement de cette forme de vigilance indispensable dans les arts martiaux appelée zanshin. Car le départ de toute action réclame non seulement une disponibilité physique mais une vacuité psychique est également nécessaire au surgissement de l’action. Ce potentiel d’action prend toute sa puissance lorsque le corps et l’esprit se synchronisent dans les temps d’ouverture et de fermeture des katas. Cette dynamique donne tout son sens à la pratique des armes, elle la rythme et rend vivante l'extrémité de la lame.

 

Un instrument symbolique de la notion de martialité

L'instrument met en évidence cette caractéristique propre à l'homme qui consiste à avancer nu et la main qui tient l’arme atteste de ce mode spécifique de présence au monde. « En pouvant tout devenir, la main est l’expression de l’universalité qui caractérise l’homme.[1] ». Le Iaï to non seulement représente un objet en référence avec l'art mais il véhicule surtout les symboles liés à l’art martial. T.K. Chiba Senseï utilise le sabre comme métaphore : « Ce qui se rend le Budo unique, cependant, se rencontre dans l’incarnation simultanée et inséparable de l’esprit et du mouvement physique (la technique). Cette étape de la formation est connue comme le Sabre du Non-Mental, ou Sabre de Non-Forme ou même connue comme le Sabre dans un Rêve. C’est seulement quand cette étape est atteinte que l’on considère que son propre art est achevé[2] ». Et cette visée sans but s’approfondie de façon spécifique dans la pratique du zazen.



[1] Emmanuel Housset, L’âme et la main, Coédition IAV et revue Conférence, 1996.

[2] Chiba Senseï, Structure de Shu, Ha, Ri et pénétration de Shoshin, Sansho, 1989.